La télémédecine est-elle l’avenir du secteur ?

La plupart des gens préfèrent se rendre chez un médecin proche de leur domicile – mais d’un autre côté,  les grands hôpitaux ont l’avantage de rassembler les meilleurs équipements et les praticiens les plus expérimentés. La télémédecine peut constituer une bonne alternative et mettre les compétences des meilleurs médecins au service des personnes habitant dans des petits villages reculés.

Ecran télémédecine dans un hôpital

La télémédecine serait-elle une solutions aux nombreux problèmes que pose aujourd’hui l’accès aux soins ?

Personne n’aime se rendre à l’hôpital, et encore moins dans un énorme hôpital. Se rendre dans une infrastructure comme celle-ci, gigantesque, décousue et parfois très éloignée de son domicile, peut se révéler être une expérience épuisante, même pour les personnes qui ne sont pas malades. La plupart d’entre nous, et c’est bien normal, préférerait avoir accès à une solution de proximité lorsqu’il s’agit d’un traitement bénin.

Le directeur du National Health Service anglais, Simon Stevens, reconnaît que « la plus grande partie de l’Europe de l’ouest dispose d’hôpitaux capables d’accueillir les citoyens de leurs communautés locales, sans que tous les services doivent être centralisés ».

Cela présente un intérêt évident mais soulève également une question essentielle: les services locaux sont-ils des services de « seconde classe » ? Pas nécessairement. La télémédecine peut combler l’écart en mettant l’expertise de professionnels à la disposition des patients, où qu’ils se trouvent. Le secteur privé est le chef de file dans ce domaine. Des applications permettant aux médecins de partager des données et d’ausculter les patients sont en cours de test. En principe, avec ce genre de systèmes, la décentralisation de la médecine est possible.

Une mise en place compliquée

Un des défis majeurs au Royaume-Uni comme en France va être d’améliorer le service de santé et de trouver un système de conservation des dossiers médicaux autre que le support papier actuel. Certes, le papier a des avantages : il est peu coûteux et facile à manipuler – mais le risque de perdre des dossiers est également plus grand et ils sont difficiles à partager avec des confrères. Même si la carte vitale est un outil très pratique, toutes les informations ne peuvent y transiter.

Cette perspective risque d’en effrayer plus d’un. Le souvenir de la tentative désastreuse d’informatiser le système national de santé britannique qui a coûté 12 milliards de livres au pays. La mise en place prévue cette année du logiciel care.data, un système judicieux permettant de mettre à disposition les dossiers médicaux à des fins de recherches a été mise entre parenthèses pour des questions de sécurité des données et à cause de critiques sur la manière dont laquelle le projet a été présenté aux patients.

Ajoutez à cela les réticences à l’idée de sauvegarder les dossiers médicaux de toute une vie dans de systèmes informatiques qui pourraient bien rapidement devenir obsolètes et vous vous retrouvez avec un système de santé pieds et poings liés. Mais si nous voulons le beurre et l’argent du beurre, à savoir que les patients puissent être pris en charge à part entière à proximité de leur domicile, la numérisation des dossiers médicaux reste pertinente.

Le choix du médecin devient donc obsolète ?

Vu l’évolution de la tendance, il semblerait donc que le choix d’un médecin traitant devienne obsolète pour. Aujourd’hui, le chemin de soin établi par les organismes médicaux français veut que chaque opération, chaque consultation passe par une première visite de son médecin traitant sans quoi les remboursements sont largement revus à la baisse. La télémédecine n’entrerait pas dans ce schéma et poserait de nombreux problèmes notamment dans le chemin de soins traditionnel. Choisir son médecin n’aurait donc plus lieu d’être et l’on s’exposerait à une refonte complète de l’organisation géographique de la médecine.

La question se pose donc et reste toujours sans réponse. Le système semble être compliqué à mettre en place en France. La fermeture du numerus clausus et l’arrivée de nouveaux médecins indiquent un manque de professionnels de santé et ne permet pas encore d’effectuer une transition importante. Aujourd’hui le système veut que l’on choisisse un médecin traitant par le bouche-à-oreille, ou alors les sites internet spécialisés dans les avis et les notations de médecins comme Les Bons Choix Santé. A l’avenir si la télémédecine se généralise à l’échelle nationale, le choix du médecin ne sera plus d’actualité et l’on devra se résoudre à échanger avec un médecin non choisi.

Quoiqu’il en soit, les hôpitaux et les médecins n’ont pas encore la possibilité de décentraliser les consultations et ne peuvent pas encore communiquer convenablement les informations des dossiers médicaux sans de lourdes tâches administratives ce qui risque de rallonger la mise en place d’un tel système que ce soit en France ou outre-Manche. En attendant, le choix de son médecin et de ses spécialistes et toujours de rigueur et nécessite une attention toute particulière de la part des particuliers. On voit de plus en plus se dessiner un fossé dans l’exercice de la médecine. Les cliniques privées se multiplient et l’accès au soins de qualité devient de plus en plus rude pour la couche moyenne dont une partie avoue qu’elle refuse l’accès aux soins pour des questions financières.

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